Port de Contrecoeur :

Le gouvernement libéral doit exclure le recours à C-5

Varennes, 28 août 2025 — Le député de Pierre-Boucher–Les Patriotes–Verchères et porte-parole du Bloc Québécois en matière de Transports, d’Infrastructures et de Collectivités, Xavier Barsalou-Duval, demande au gouvernement fédéral de ne pas inclure le projet d’expansion du Port de Montréal à Contrecœur dans la Loi C-5. Cette demande fait suite aux récentes déclarations du premier ministre Mark Carney qui a confirmé que l’expansion du port de Contrecœur pourrait figurer parmi les tout premiers projets approuvés en vertu du nouveau projet de loi sur les grands projets d’intérêt national, comme l’a rapporté le Globe and Mail ce matin.

La Loi C-5 — Loi visant à bâtir le Canada — octroie au gouvernement fédéral le pouvoir de désigner certains projets comme étant « d’intérêt national », lui permettant ainsi de contourner ses propres lois environnementales. Bien que l’Agence d’évaluation d’impact du Canada ait autorisé le projet en 2021, certains permis n’ont toujours pas été obtenus, notamment en provenance de Pêche et Océan Canada concernant la protection de l’habitat essentiel du chevalier cuivré, une espèce en péril endémique du Québec qu’on ne retrouve nulle part ailleurs sur la planète.

« Un projet de cette ampleur ne doit aller de l’avant que s’il est démontré qu’il peut être réalisé dans le respect scrupuleux des normes environnementales existantes. Ce fardeau qui appartient au Port de Montréal ne doit pas être escamoté ni tronqué par le gouvernement libéral. La confiance du public dans le processus d’approbation est basée sur l’application rigoureuse de nos lois et règlements. Si le gouvernement choisit d’y déroger, c’est ce lien de confiance qui s’effrite et, avec lui, toute la crédibilité des prétentions de rigueur environnementale du Port », a déclaré Xavier Barsalou-Duval.

« Les bénéfices économiques promis ne doivent pas non plus se faire au détriment de la qualité de vie de la population. J’ai soumis au Port une liste de questions concernant des enjeux tels que l’érosion des berges, la surveillance de la qualité de l’air, de la qualité de l’eau, le trafic routier et ferroviaire pour lesquels j’attends des réponses. Jusqu’à maintenant, j’ai toujours eu un dialogue constructif avec l’Administration portuaire de Montréal, mais si le projet de Contrecœur doit aller de l’avant, ce doit être parce que chaque étape aura été franchie de façon rigoureuse et transparente, incluant l’obtention de tous les permis requis et les réponses aux questions de la population », ajoute monsieur Barsalou-Duval.

Rappelons que le Bloc Québécois demeure fermement opposé à la Loi C-5 qu’il considère comme une atteinte aux principes démocratiques les plus élémentaires. Pour le Bloc Québécois, la légitimité d’un projet repose sur le respect des règles et la confiance des citoyens, jamais sur le passage en force d’Ottawa. De plus, aucun projet ne doit être imposé aux Québécois sans leur consentement préalable.

« Le simple fait qu’un projet apparaisse sur la liste de C-5 ne peut que créer un climat de méfiance et de suspicion envers celui-ci parce qu’il ouvre la porte à la suspension de lois de façon totalement arbitraire. Que ce pouvoir soit exercé ou non par la suite ne change rien au résultat, la perception à son égard sera durablement endommagée », a conclu le député de Pierre-Boucher — Les Patriotes — Verchères